Economie politique (L'), n° 42. Quelle finance après le G20? : paradis fiscaux, banques, fonds spéculatifs, etc.

La réunion du G20 qui s'est tenue à Londres le 2 avril
dernier porte en germe un bouleversement assez radical
du fonctionnement de la finance mondiale. Les grands
pays ont mis en avant un objectif clair de régulation de la
planète finance ; ils ont mis sur la table les instruments
avec lesquels ils souhaitent y arriver, tout en fixant un
calendrier afin de mesurer l'état de leurs progrès.
Le G20 pose les principes d'un changement majeur du rôle
des banques centrales, à qui l'on demande de développer
les outils et les politiques à même de contrer l'instabilité
financière. Il réclame la mise en oeuvre d'un contrôle
serré de la distribution de crédits par les banques, pour
qu'elles arrêtent de nourrir les bulles. Appliquer une telle
politique ne sera pas facile. Cela signifierait par exemple
que la Banque centrale européenne (BCE) pourrait venir
dire à la France que le crédit progresse trop vite et qu'elle
va pénaliser les banques françaises en leur demandant
de mettre de côté plus de capital. Une situation politiquement
délicate.
Les gouvernements veulent également encadrer les marchés
de produits dérivés, ces allumettes spéculatives qui
mettent souvent le feu à la finance et qui ont été de toutes
les crises financières importantes de la dernière décennie.
Ils exigent une régulation des fonds spéculatifs. Et
ils s'attaquent aux paradis fiscaux. Certes, sans remettre
en cause complètement le secret bancaire et, plus généralement,
la fabrique d'opacité sur laquelle vivent ces
territoires. Mais plusieurs grands pays semblent prêts à
aller plus loin en ce domaine.
Il va falloir maintenant transformer toutes ces bonnes
intentions en actes. Christian Chavagneux