Sire, vous reviendrez : le grand homme célébré par le grand poète

Contre la grisaille d'un XIX<sup>ème</sup> siècle industriel et embourgeoisé, les romantiques, s'emparant de l'épopée impériale, ont créé la légende napoléonienne. Victor Hugo, arrivé en ce monde quand «
déjà Napoléon perçait sous Bonaparte
», sera plus que tout autre l'ouvrier de cette transfiguration. Enfant, il suit son père, le général Hugo, en Espagne (
Mon père, ce héros...
) et écoute les récits de campagne de son oncle Louis (
Le cimetière d'Eylau
). Royaliste à la Restauration, il conserve son attachement à la haute figure disparue (
Ode à la Colonne
). Sous la Monarchie de Juillet, alors que l'Aiglon meurt à son tour, le grand homme est réhabilité : Hugo accompagne les moments douloureux ( Napoléon II ) et glorieux ( Le retour de l'Empereur ). Enfin son opposition au Second Empire amène l'auteur des Châtiments à grandir par contraste le héros dormant aux Invalides, évoquant les moments tragiques de la chute et de la fin ( L'expiation ). Autant de vers sublimes qui se sont imprimés dans la mémoire de génération de Français.