Vitesse de la lumière : instantanés

« On n'écrit que pour sa mère (...) L'écriture et la mère ont partie liée » affirme
François Weyergans. Dans ce livre, l'écriture, la peinture, et la mère tissent des
liens si mystérieux qu'on ne sait qui, de l'écrivain Andrée Chedid ou du peintre
Christian Broutin, réinvente la mère.
Mise en scène subtile d'un moi-toi, toi-moi, eux-elles, nous-eux, elles-nous, où
leurs structures mentales s'entrelacent pour donner à lire et à voir la déchirure du
jour même de la naissance, la nostalgie du paradis perdu de l'enfance.
Entre eux, une alchimie intime, une co-naissance où l'art est salvateur. Elle ne
résiste pas à son oeil rieur et quand l'oeil viseur de Christian Broutin capte les événements
clés de la vie, donnant chair et sens à une mère trop tôt disparue - il
avait à peine cinq ans -, elle lui dédie ces «Instantanés» de force, d'espoir et
d'amour. (...)
La vitesse de la lumière, surtout ne la dépassons pas ! Sachons rester dans les
remous, les révoltes, les combats, les yeux grands ouverts sur la vie.
Méditation sur le temps qui passe et la mort, mystère de la peinture qui pense sans
mots, mystère de l'écriture qui pense parfois sans images.
Mystère de cette rencontre où les toiles de Christian Broutin parleraient sans
mots s'il n'y avait ceux d'Andrée Chedid.
Françoise Dax-Boyer