Congo-Brazzaville : conflits et politique de la mémoire

«Qui commande le passé commande l'avenir.» Tel pourrait être
le fil conducteur de cet ouvrage qui s'interroge sur la pertinence
des politiques de la mémoire engagées dans la pacification de la
société congolaise postconflictuelle. Si la construction de la paix
en matière de sortie de crise admet l'importance du rôle de la
mémoire, il incombe à ces politiques la connaissance ou non des
violations graves des droits de l'homme, la réparation matérielle
et symbolique à l'égard des victimes en quête de reconnaissance
ainsi que la réécriture de l'Histoire dans le but de changer les
stéréotypes à l'origine de la conflictualité.
Du fait pourtant de l'absence d'un système judiciaire
indépendant et d'un État en position de tiers, les politiques de la
mémoire initiées dans la résolution des crises congolaises tendent
plutôt à légitimer un régime politique autoritaire au lieu de
promouvoir la réconciliation.
Dans cette optique, l'édification d'une paix positive différente
d'un simple arrêt des hostilités requiert une attitude nouvelle à
même de favoriser la mutation des conduites négatives en postures
rationnelles afin d'oublier les avanies du passé et de favoriser un
nouveau vivre en commun novateur.