Betsimisaraka : nombreux qui ne se désunissent pas

Dans le canal du Mozambique, la femme de tradition
arabo-musulmane de l'Archipel des Comores et de certaines
provinces de Madagascar est devenue un corps et un visage
obéissant. Loin des velléités politiques, la prostitution, ou
la décadence du corps, y revêt plusieurs visages. Visage
d'enfant, visage de femme noire aux traits asiatiques, teint
mat et regard perdu. Subrepticement, les corps se donnent et
les sourires se figent, faisant le bonheur des «vazahas» (les
étrangers ou les personnes de races blanches), venus, sans
poils, avec nudité décente pour jouir des corps bégayants ;
la femme se voit derechef déshabitée par son corps : il y a
la femme docile, la femme «nymbawani», la femme argent,
la femme a-battue, la femme violée, la femme traîtrise,
la femme courroucée, la femme toilettée, la femme de
«trottoir», la femme objet, la femme abjecte. Dans cette
folle quête pour la chair, nombreux ne se désunissent pas.