Denis Roche : Photolalies, 1964-2010

Peut-on, lorsqu'on est un écrivain important,
comme l'est Denis Roche (1937-2015), attribuer
à l'art photographique la même autorité que
celle que l'on accorde à la littérature ?
C'est ce pari, réussi, qu'a tenu, pendant plus
de quarante ans, le photographe Denis Roche,
dans une oeuvre singulière, caractérisée par
la liberté absolue qui est la sienne, fondant
un acte photographique qui leste le médium
d'une gravité et d'une intelligence nouvelles.
«J'appelle photolalie cet écho muet,
ce murmure de conversation tue qui surgit
entre deux photographies, très au-delà du simple
vis-à-vis thématique ou graphique», écrivait-il.
Autoportraits, seul ou en couple en compagnie
de sa femme, Françoise, portraits d'écrivains ou
d'amis, natures mortes aux accents modernistes
ou surréalistes : c'est une véritable rétrospective
que présente, pour la première fois en France,
le Pavillon Populaire, avec plus de cent cinquante
tirages, parmi lesquels beaucoup d'images
inédites, de l'une des figures majeures de la
photographie française contemporaine, dont
la disparition toute récente confère à cette
exposition une force testamentaire émouvante.