La neige sur les pas

Un architecte parisien, Marc Romenay, reçoit un
télégramme du prieur de l'hospice du Grand-Saint-Bernard.
Sa femme, Thérèse, est mourante et demande
à lui parler. Or il l'avait chassée de chez lui, après avoir
appris qu'elle avait un amant, n'osant s'avouer qu'il ne
l'avait lui-même peut-être pas assez aimée. Il fait le
voyage, finalement disposé à lui pardonner, parce
qu'elle va mourir des suites d'une chute en montagne,
au cours de laquelle son amant a trouvé la mort. Contre
toute attente, elle survit. Comment transférer à la
survivante le pardon accordé à la mourante ? Comment
pour le mari et la femme, reprendre la vie commune,
sans renier la grandeur de l'amour qui liait les deux
amants, et que Marc reconnaît ? Les deux époux ne
sortent victorieux de l'épreuve qu'au prix d'un perfectionnement
intérieur auquel les engagent aussi, sans
qu'ils le sachent, la pureté et l'âpreté de la montagne.
L'amour est, comme toute chose, subordonné aux
lois de la vie. Il ne doit pas s'y dérober. C'est pourquoi
la neige tombe à nouveau, pour effacer les pas et faux-pas
qui ont pu la souiller.
Un grand livre sur le pardon et sur la vie, à l'opposé
de «ces visions romantiques, qui nous représentent
l'amour comme un mal dont on ne guérit jamais».