Mémoires de campagne

En 1798, François Lavaux rejoint les rangs de l'armée de la
République. Fait prisonnier en mai 1799, il passe sa captivité en
Autriche, dans le Tyrol, puis en Carinthie. Libéré, il rejoint son
bataillon en Suisse et, en novembre 1800, il est engagé en
Autriche. Il se bat à Austerlitz et à Iéna.
En décembre 1808, le voici dans le guêpier espagnol , face aux
guérilleros et à leurs alliés anglais. L'Espagne est le lieu de toutes
les horreurs, et la sauvagerie des combats, la barbarie à laquelle
se laissent aller les deux camps sont inimaginables. Dans ses
Mémoires , François Lavaux ne cherche pas, d'ailleurs, à cacher
les exactions commises par l'armée française.
De retour en France le 22 mai 1813, Lavaux est démobilisé
après la première abdication de l'Empereur. En demi-solde, il se
consacre à l'entretien de ses vignes (nous sommes en
Champagne) et commence la rédaction de ses Mémoires.
À l'instar des Carnets du capitaine Coignet, les Mémoires du
Sergent Lavaux, riches de détails sur la vie et les moeurs des
petites gens sous l'Empire, témoignent de la constance et du
courage des sans-grade, des obscurs , de ces braves qui, affamés,
transis de froid, loin des états-majors et des uniformes chamarrés,
ont traversé l'Europe au gré des batailles.