Le cimetière des oiseaux. La traversée : récits. Bagdad mon amour : poèmes

«Autrefois j'acceptais très mal mon exil loin de
l'Irak. Maintenant, auprès d'Alya, j'aime cette attente
et cet éloignement. J'ai voulu apprivoiser chaque
étape de cette solitude, malgré l'indifférence des
autres et ce cheminement dans le bas-ventre. {...}
Exister encore ici, sans rien de là-bas. Vivre ici, dans
l'ailleurs, maladroitement peut-être, mais vivre.
Soudain près de la porte entrouverte sur le récit, sur
les cris des hommes, sur l'odeur de l'enfance, un
coup de fouet me lacère la gorge. Comment surgir
de l'autre côté du livre ? Je ne veux pas fuir.
Seulement rebrousser les jours et me souvenir avec
l'âme d'un enfant.»
Les mots de Salah Al Hamdani, criés ou murmurés
dans ses nouvelles, ciselés dans ses poèmes, nous
emmènent inexorablement sur les rives de l'Euphrate,
surnommé, selon, fleuve de la Vie ou fleuve de la
Discorde... Appartenant corps et âme à Paris et à
Bagdad, le poète est comme un amant déchiré entre
deux passions, entre deux mondes, mais emporté par
un immense espoir : celui de la liberté recouvrée.