Europe, n° 889. Robert Walser

Il y a Walser le fou et Walser le sage. Il y a Walser l'émerveillé
et Walser le désespéré. Il y a le modeste Robert Walser et l'orgueilleux
retranché dans le silence. Il y a le gentil Robert et le Robert
qui perd ses nerfs dans les estaminets. Il y a le Walser qui aime
tout le monde et celui qui vit en solitaire. Tout le monde peut aimer
Robert Walser parce qu'il est à la fois tous ces personnages
d'une manière si originale qu'il n'y a qu'un Robert Walser,
écrivain génial à la personnalité insaisissable.
Né à Bienne dans le canton de Berne en 1878, Walser quitta l'école
à quatorze ans pour faire un apprentissage de commis de banque.
Sa carrière d'écrivain dura trente-cinq ans, passés pour l'essentiel
à Berlin, à Berne, puis à Berne. Très admiré par ses pairs
(Franz Kafka, Robert Musil, Walter Benjamin), il connaît aussi
les affres de l'insuccès. En 1929, une crise psychique entraîne
son admission dans l'asile psychiatrique de la Waldau, près de Berne,
où il demeure plus de trois ans, continuant d'écrire et de publier.
En 1933, il sera transféré contre son gré dans un établissement
du canton d'Appenzell, à Herisau, où il passera vingt-trois ans,
menant la vie réglée d'un patient exemplaire. Aucun manuscrit
de cette période ne nous est parvenu, tout semble confirmer
le long silence de l'écrivain, choisi ou subi.
Il meurt le jour de Noël 1956, pendant une promenade dans la neige.
Études et textes de
Marion Graf, Peter Utz, Jochen Greven, Jean-Bernard Vuillème, Claudio Magris, Dominik Müller, Marie-Louise Audiberti, Heinz Schafroth, Marion Gees, Wolfram Groddeck, Claude Mouchard, Fernand Cambon, Fleur Jaeggy, Daniel de Roulet, François Debluë.
Robert Walser: Petites proses. Poèmes.
Écrivains du Cambodge et de Birmanie
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Dossiers présentés par Christophe Macquet et Denise Bernot.
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