Le tropique et le Nord : L'hôpital de Leningrad et autres nouvelles

«C'était déjà les temps noirs de la disette dans les villes, de
famine dans les campagnes, de terreur...» Mer Blanche,
L'Impasse Saint-Barnabé et L'Hôpital de Léningrad , trois des
nouvelles qui composent ce recueil (initialement publié en
1972 aux Éditions François Maspero), évoquent l'atmosphère
du début des années 1930 en URSS, quand Staline
imposait dans le chaos et par la terreur ses plans déments
d'industrialisation et de collectivisation forcée.
Dans Mer Blanche , Kirk - vieux communiste idéaliste
heureux de pouvoir encore servir la Révolution en dépit
des directives absurdes, des statistiques truquées, des
arrestations insensées - entre dans le néant blanc du
Grand Nord pour rédiger un rapport sur l'industrialisation
d'une pêcherie ; sa vision de l'homme dans la nature est
aussi lumineuse, aussi exaltante que le pays de neige qu'il
évoque. Le réalisme critique et visionnaire de L'Impasse
Saint-Barnabé est proprement balzacien : dans cet appartement
collectif, véritable «pension Vauquer» soviétique,
chaque locataire vit ses envies, ses haines, ses rêves face à
la société en transformation. L'Hôpital de Léningrad ,
dernier volet de cette trilogie soviétique, est le récit
terrifiant d'une visite à l'hôpital psychiatrique délabré où
la Guépéou «envoie ses clients quand elle n'en peut plus
rien faire d'autre».
Écrite au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la
nouvelle Le Séisme évoque des expériences de rêve, de bombardement,
de cataclysme géologique et historique à l'ombre
d'un volcan naissant qui engloutit un village indio.