Louis Sauvageot (1842-1908) : architecte et restaurateur à Rouen

Cet ouvrage propose de redécouvrir l'oeuvre d'un
architecte quelque peu oublié et qui a exercé une part
importante de sa carrière à Rouen. Formé en dehors de l'École
de beaux-arts, proche de Viollet-le-Duc, Louis Sauvageot
(1842-1908) est une figure à la fois exemplaire, témoin de la
vigueur de la pratique architecturale en France à la fin du
XIX<sup>e</sup> siècle, et atypique, car rien ne laissait présager que ce
jeune bourguignon issu d'une famille de tonneliers finirait
sa carrière comme inspecteur général des Édifices diocésains
puis des Monuments historiques.
Son activité prend son essor en 1871 lorsqu'il est nommé
architecte en chef de la ville de Rouen. Cumulant ensuite les
fonctions d'architecte en chef des Monuments historiques
puis des Édifices diocésains dans la même ville, il va dès lors
exercer une véritable mainmise sur la commande publique,
aussi bien dans le domaine de la construction que de la
restauration et ce, pendant près de trente années. De fait,
Rouen met en oeuvre au début de la III<sup>e</sup> République un complet renouvellement
de ses équipements, rattrapant ainsi le retard accumulé dans le domaine édilitaire.
D'une manière générale, les réalisations de Sauvageot se scindent entre une
production sérielle et utilitaire, dans laquelle figurent en bonne place les écoles
communales et d'autre part, des réalisations prestigieuses comme l'église Saint-Hilaire,
le musée-bibliothèque et le théâtre des Arts.
L'empreinte laissée sur les édifices anciens de Rouen est tout aussi considérable
et Sauvageot va largement contribuer à modeler l'image du centre historique,
avec le complet soutien des institutions. Il faut dire que dès les années 1880, un
infléchissement de la politique de la ville est perceptible, marqué par un intérêt
ranimé pour le centre ancien. Les chantiers de restauration de la cathédrale et du
Gros-Horloge notamment, marquent une étape importante et il ne faudrait pas
perdre de vue que le vieux Rouen doit en fait beaucoup au XIX<sup>e</sup> siècle : car c'est
bien une vision de la période médiévale telle que l'imaginaient Sauvageot et ses
comparses qui nous fait aujourd'hui rêver.