Annales historiques de la Révolution française, n° 355. L'Eglise catholique en Révolution

«Fermer l'abîme des révolutions.» Cette
formule employée en 1820 dans un discours
visant à rétablir la censure de la presse révèle
le traumatisme engendré par le souvenir de
la Révolution française au sein de l'élite de
la Restauration. Mais peut-on, en décrétant
une sorte d'amnésie d'État, annuler l'histoire
d'un peuple en oblitérant un passé qui déplaît
tant ? À l'inverse, notre époque est saisie
d'une passion mémorielle s'accompagnant
souvent du désir de juger le passé à l'aune des
préoccupations du présent, ce qui ne simplifie
pas le travail de l'historien. Loin de ces deux
extrêmes, ce livre entend reprendre l'étude de l'impact des révolutions et des
guerres révolutionnaires dans la construction des mythologies nationales qui
fonctionnent comme autant de marqueurs identitaires.
Les auteurs des contributions réunies dans ce volume sont des spécialistes
reconnus, d'horizons géographiques et culturels variés (France, États-Unis, Chine,
Israël) qui, par l'examen de sources de nature différente (gravures et cinéma,
presse, documents privés ou institutionnels, histoire du théâtre et histoire des
représentations religieuses, histoire du langage...), tentent de comprendre
l'inscription des événements dans la mémoire nationale. La violence, destructrice
ou régénératrice, est présente par essence dans les nombreuses guerres et
révolutions qui ont émaillé l'histoire des XIX<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles depuis 1789. Les
révolutions françaises, de 1789 à 1848, et les éclats de mémoire projetés à travers
le monde par le cinéma occupent une part importante de ce livre, dans lequel
on trouvera aussi des réflexions sur la Chine et l'Allemagne des années 1920 et
1930, ou encore sur l'État d'Israël, en quête de référents dans les récits de guerres
incessantes qui l'opposent à ses voisins arabes.