Le civisme contractuel en droit de l'OHADA et en droit européen

Le contrat est juste parce que les parties l'ont voulu. Aujourd'hui, cette idée
s'est émoussée au profit d'un interventionnisme protecteur. Il fallait alors
repenser autrement le contrat. Pour le doyen Carbonnier. «seul le civisme
contractuel la conformité du contrat à l'ordre public et aux bonnes moeurs représente
une exigence absolument générale de validité, le minimum de conformisme
social requis de tous les contractants». Consubstantielle à la notion de contrat,
l'idée de civisme s'est progressivement révélée en la matière, en droit de
l'OHADA et en droit européen. Bien qu'implicite, le civisme contractuel
y est affirmé et son contenu hétérogène est identifiable. Il s'applique aux
contrats de droit privé, de leur formation à leur disparition. Il s'impose en
outre aux contractants et interprètes, et contribue tant à l'accroissement de
leurs pouvoirs qu'à la sécurisation du lien contractuel. Ainsi, il ne saurait
être limité, comme l'entrevoyait Carbonnier, à une condition extrinsèque
de validité du contrat tenant à son contenu. Ensemble de droits et d'obligations
permettant de concilier les intérêts particuliers des contractants à
l'intérêt général de la société, le civisme est un principe général du droit
des contrats. Sa violation est sanctionnée selon que l'intérêt en cause est
général ou particulier, l'idée étant de maintenir le contrat tant que son exécution
reste possible, ou de l'anéantir si son maintien affecte les intérêts
contractuels.