Oeuvres complètes. Vol. 13. Augustinisme et théologie moderne : quatrième section, surnaturel

Quatrième section : Surnaturel, t. XIII : Augustinisme et théologie moderne
Baius et Jansénius sont-ils des augustiniens excessifs ou des augustiniens fourvoyés ? La théologie moderne les a considérés comme fourvoyés. Depuis le XVI<sup>e</sup> jusqu'au XX<sup>e</sup> siècle, elle a pensé un nouveau type de relation de l'homme à Dieu, opposant une fin naturelle et une fin surnaturelle. Ce qu'il avait exposé dans une première partie de Surnaturel, le P. de Lubac le développe ici. Il affine sa compréhension de Baius et de Jansénius. Il montre les raisons philosophiques d'opposer deux fins et ces raisons viennent d'Avicenne, philosophe iranien du XI<sup>e</sup> siècle, et d'Averroès, philosophe arabe du XII<sup>e</sup> siècle, dont la pensée domina l'enseignement padouan au XV<sup>e</sup> et XVI<sup>e</sup> siècles. Saint Thomas les avait combattus « de la manière la plus efficace en continuant saint Augustin et en christianisant Aristote ». Henri de Lubac explique mieux la rupture entre philosophie et théologie, provoquée par cette opposition de deux fins, pensée par les théologiens. « Les philosophies séparées, devenues elles-mêmes des théologies sécularisées, doivent beaucoup à la théologie séparée. »