Courrier hebdomadaire, n° 2363. Les mutations de la coopération belge au développement au prisme des ONG

Les mutations de la coopération belge au développement
au prisme des ONG
Depuis 2015, la coopération belge au développement est engagée dans un
important mouvement de réforme. Initiée par le ministre de la Coopération
au développement du gouvernement Michel (N-VA/MR//CDetV/Open VLD),
Alexander De Croo (Open VLD), cette vaste entreprise vise à aligner davantage la coopération belge sur les engagements internationaux pris par la
Belgique, à recentrer ses actions et à réviser les dispositifs publics et associatifs chargés de sa mise en oeuvre.
Cette restructuration cible principalement deux catégories d'intervenants.
D'une part, la principale composante gouvernementale de la coopération
au développement : la Coopération technique belge (CTB). Celle-ci a accru
son autonomie financière et opérationnelle vis-à-vis de l'État belge et est
devenue l'Agence belge de développement (Enabel). D'autre part, le secteur des ONG belges de développement. Acteur majeur de la coopération, celui-ci connaît depuis plusieurs années une profonde mutation, dont
l'actuelle réforme constitue à la fois un indice emblématique et un élément
de renforcement. Il s'agit pour les ONG d'intensifier leur degré de professionnalisation, de managérialisation et de gestion. La performance est en
effet devenue l'indicateur-clé permettant aux ONG d'être accréditées et,
donc, d'avoir accès aux financements publics (et privés). C'est pour elles
une question de survie.
Ce Courrier hebdomadaire dresse un état des lieux de la coopération belge
au développement, en pointant ses évolutions, ses enjeux et ses acteurs.
Si une attention toute particulière est réservée aux ONG, l'étude traite
de l'ensemble des intervenants, qu'ils soient gouvernementaux ou non :
la Direction générale du Développement (DGD, au sein du SPF Affaires
étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement), Enabel,
le Service de l'évaluation spéciale (SES) et la Société belge d'investissement
pour les pays en développement (BIO-Invest), ainsi que les établissements
d'enseignement supérieur, les institutions scientifiques, les instituts de
formation, les villes et communes, et les syndicats.