Elections et pouvoirs politiques du VIIe au XVIIe siècle : actes du colloque réuni à Paris 12, du 30 novembre au 2 décembre 2006

Les élections du Moyen Âge et de l'âge moderne ont peu attiré
l'attention en dehors des cas bien connus des papes, des empereurs
et des communes italiennes. Interprétées à l'aune des usages de
l'Antiquité et de l'époque contemporaine, elles ont souvent été
considérées comme des événements peu significatifs. Pourtant,
le choix d'un homme ou d'un groupe par un vote ou une cérémonie
chargée d'exprimer le consensus est attesté dans les sphères laïques
et ecclésiastiques les plus diverses. Un véritable réseau de pratiques
sans cesse renouvelées témoigne de la variété des modes d'expression
du politique et de la capacité des hommes du Moyen Âge et de
l'époque moderne à innover pour permettre l'articulation de tous
les pouvoirs concurrents.
De la Norvège à Byzance, de la Castille à la Russie, ce sont les
multiples manières d'envisager le choix des dirigeants que les
contributions réunies dans ce volume saisissent, entre le VII<sup>e</sup> et le
XVII<sup>e</sup> siècle, pour toutes les formes du pouvoir, des rois aux officiers,
des abbés aux évêques, des villes aux universités. Le but de ce livre
est également de mettre en lumière des approches variées de ce
phénomène, des enjeux stratégiques qui conduisent à la décision
au profil des électeurs, des spéculations intellectuelles au déroulement
des cérémonies électives, en ne négligeant ni les moments où l'élection
triomphe, ni ceux où les électeurs se dérobent.