Identité(s) libertine(s) : l'écriture personnelle ou La création de soi

Identité(s) libertine(s) : l'écriture personnelle ou La création de soi

Identité(s) libertine(s) : l'écriture personnelle ou La création de soi
Éditeur: H. Champion
2009764 pagesISBN 9782745318176
Format: ReliéLangue : Français

À partir d'un vaste corpus de textes libertins du XVII<sup>e</sup> siècle,

cet ouvrage met en évidence l'originalité de l'affirmation libertine

de soi et les enjeux de l'écriture à la première personne, à

une époque où celle-ci est dénoncée par les apologètes. Face à

l'opposition des pouvoirs, les libertins proposent d'eux-mêmes

une image complexe et clivée, a priori plurielle. L'étude littéraire

permet toutefois de définir des points de convergence

dans l'écriture d'une subjectivité qui est avant tout une

construction, voire une fiction, destinée à entretenir un dialogue

polémique avec les représentants de l'orthodoxie, en particulier

jésuites. Les oeuvres libertines reprennent le modèle littéraire,

moral et religieux de la confession, qu'elles

subvertissent «entre les lignes», à destination des lecteurs

éclairés. Choix formel récurrent, l'écriture personnelle correspond

à une prise de position philosophique, en elle-même subversive,

en faveur d'un certain individualisme. Le moi libertin,

très éloigné du sujet cartésien, se définit par son refus des Vérités

philosophiques, morales et religieuses : il ne peut y avoir de

vérité que subjective et relative, pour des auteurs qui posent

davantage de questions qu'ils n'avancent de réponses. L'image

incarnée que les libertins présentent de leur moi nous invite à

réhabiliter les passions, y compris dans leurs traductions les

plus «suspectes», telles que le rire, la mélancolie ou encore la

sexualité et le désir. Libéré de la crainte de Dieu, le sage libertin

refuse toute forme d'ascèse et aspire à profiter avec modération

des plaisirs terrestres. Il n'exclut pas de s'appuyer sur

l'imagination, qui peut, sur le plan pratique, servir le choix

conscient de la mise à distance du «chagrin» qu'inspire inévitablement

le désenchantement du monde. L'écriture, qui

conduit l'individu à faire l'expérience maîtrisée de la fécondité

de l'imagination et des passions, semble être l'instrument

essentiel de cette quête d'un bonheur auquel aucun «autre

monde» ne donnerait véritablement accès.

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