Les vagabonds de l'espérance

Une famille russe est arrivée en Suisse au début du XX<sup>e</sup> siècle.
Ce sont des ouvriers, des gens du commun, mais ils ont quelque
chose qui nous fait tous pâlir d'envie : le sens de l'amitié.
Le père vient de Sakhaline. On n'en sait pas plus, mais on
apprend, au travers du récit de son voyage, que tout n'a pas
toujours été très gai. Pourtant il n'émet aucune plainte. Il est de
ces hommes qui supportent tout avec vaillance.
Et puis il y a une petite fille. Elle représente la continuité. Elle
partage le premier rôle avec son cousin, un garçon fort têtu,
terrien, et Suisse jusque dans les entrailles.
Ils sont les mêmes à une différence près : lui parle. Il commente,
s'interpose, rouspète. Il roucane et dénonce tout ce qui le gêne,
tout ce qui n'est pas à son idée et mène son combat en solitaire.
Pourtant il découvre sur sa route des gens qui pensent comme
lui.
Elle, se tait. Sa force est dans l'exemple qu'elle donne, mais le
combat est le même et les deux sont dans la lignée de ceux qui
sont l'essence de cette histoire : des âmes fortes, des chevaliers
de la lune, des guerriers du rêve.