L'Algérie en guerre : Abane Ramdane et les fusils de la rébellion

Personnage central de la guerre d'indépendance, Abane Ramdane
retrouve enfin sa place dans cette révolution algérienne à laquelle il a
incontestablement imprimé sa marque au cours des trente premiers mois,
décisifs, de l'insurrection. L'homme, son engagement et son action, sont restitués
dans la complexité du mouvement armé de libération, face au gigantesque
rouleau compresseur de «la pacification».
L'auteur se penche longuement sur la reprise en main d'une insurrection
arrivée à bout de souffle, trois mois après son déclenchement ; sur l'implantation
de la lutte dans les villes et le Congrès de la Soummam. Ce dernier
à la fois boussole et pavillon de la révolution algérienne, fut
assurément le moment et le lieu pacifiés du nationalisme algérien, mais
aussi le début d'une brouille irréversible entre ses dirigeants. L'auteur s'attarde
également sur l'attente pathétique des communistes algériens, longtemps
tenus à l'écart par le FLN, avant d'être intégrés dans la lutte ; sur la
descente aux enfers des messalistes et la tragédie de la guerre fratricide qui
les opposa aux frontistes ; et s'arrête plus longuement encore, sur ce tournant
politique majeur de la guerre, que fut «la bataille d'Alger». Tous ces
événements auxquels le nom d'Abane Ramdane reste indissolublement
lié. Comme lui sont également attachées pour l'Histoire, l'unification des
forces algériennes, la réalisation de l'unanimité nationale pour l'indépendance,
et l'organisation d'une insurrection hésitante à ses débuts, en guerre
nationale de résistance, prélude à la victoire sur le colonialisme.
Le retour aux racines du conflit -la conquête, l'occupation, la domination
coloniale, et leur férocité multiforme- et le regard critique sur les
échecs de la résistance algérienne au cours du XIX<sup>e</sup> siècle, permettent à
l'auteur de reconstituer les ressorts intimes de cette guerre, asymétrique
mais furieuse et acharnée, que livre le FLN au régime colonial français en
Algérie.