Quand les socialistes inventaient l'avenir, 1825-1860 : presse, théories et expériences, 1825-1860

En 1825, les socialistes sont dans les premiers balbutiements de leur histoire.
Trente-cinq ans plus tard, leur élan s'interrompt au fond des prisons de
Napoléon III, en exil ou dans le silence.
Au cours de ces années trop souvent négligées, ils dénoncent les désordres
et les injustices de leur temps tout en élaborant une nouvelle connaissance
du lien social, de la solidarité et de l'union. Ils se placent au croisement de la
science, de la philosophie ou de la religion pour revendiquer un droit à l'action
et à l'expérience. Ils s'attellent à fonder une nouvelle association des
hommes dans un monde en crise et en mutation. Cette gestation est enthousiasmante
mais aussi douloureuse : elle est rythmée par d'âpres querelles
que l'histoire ultérieure des socialismes ne cessera de rejouer.
L'une des armes maîtresses dont se saisissent les socialistes pour leurs
combats est le journal : c'est notamment à la pointe de leurs plumes qu'ils
donnent corps à leur action et qu'ils propagent leurs foisonnantes découvertes.
Du Globe au Nouveau Monde , de La Démocratie pacifique au Tocsin
des travailleurs , de La Revue du progrès à La Revue indépendante , de L'Écho
de la fabrique à L'Atelier , saint-simoniens, sociétaires, cabétistes ou buchéziens,
socialistes chrétiens ou républicains, communistes et féministes
partent en quête d'une compréhension du présent pour en extraire, sous les
désordres apparents, les contours d'un avenir émancipé.
Quand les socialistes inventaient l'avenir est l'enquête inédite qu'une trentaine
d'auteurs consacrent à cette histoire politique, sociale, économique, culturelle et
savante de première importance et toujours très largement méconnue.