Saldé-Tébégoutt : métropole du pays des Dialloubé, entre mythe et réalité

Originellement fief des prestigieux clans Bâ et Diallo, deux des
plus grandes familles foulbé de l'Afrique de l'Ouest, le pays des
Dialloubé correspond tantôt à la province des Yirlâbé-Hebbiyâbé à
califourchon sur le fleuve Sénégal : l'une des jambes sur Njâwaldi
(Mauritanie du sud) et l'autre sur Yâwaldi (haut diêri sénégalais),
tantôt au fameux cercle dit de Saldé qui englobait une bonne
partie du Foûta central. Après avoir connu son âge d'or entre
1878 et 1923, ce terroir, très tôt occupé par les Français, a tant
bien que mal subsisté jusqu'à la veille des indépendances.
Naguère unique bourgade de la zone à être dotée d'une
école primaire, d'un dispensaire et d'un bureau de poste,
Saldé, sa métropole, fut, sous la supervision de ses différents
commandants de cercle, le centre de concertations tous azimuts,
parfois d'intrigues, mais toujours de prise de décisions par et
pour les aristocraties pro coloniales locales qui administraient
respectivement le Lâw, les Yirlâbé-Hebbiyâbé et le Bôsséya.
Bémol important: la résistance farouche d'Abdoul Bocar Kane,
frère ennemi d'Ibrâ Almâmy Wane, dont ce livre rappelle certains
des moments épiques.
S'y joignent quelques biographies de personnages d'envergure
nationale voire internationale, le rappel de savoureuses
anecdotes et la régénération de trois arbres généalogiques qui,
par le biais de l'exogamie, étendent leurs branches sur toutes
les familles du Foûta sénégalo-mauritanien. Parce qu'elle couvre
une période de 274 ans, soit neuf générations successives, cette
parentèle donne un sens particulier au désir de vivre en commun
des populations de ce grand et beau pays.