Naissance d'un syndicalisme étudiant : 1946, la charte de Grenoble

Naissance d'un syndicalisme étudiant : 1946, la charte de Grenoble

Naissance d'un syndicalisme étudiant : 1946, la charte de Grenoble
Éditeur: Syllepse
2006328 pagesISBN 9782849501009
Format: BrochéLangue : Français

Les étudiants : ils sont à peine 100000 à la Libération. Aujourd'hui le chiffre

de deux millions est bien dépassé.

S'opposant au «contrat première embauche», ils revendiquent le droit

au travail, la défense du Code du travail et donnent corps à une «prophétie»

vieille de soixante ans que leurs aînés, issus de la Résistance, avaient

inscrite dans la charte de Grenoble, adoptée en 1946 par l'UNEF : «L'étudiant

est un jeune travailleur intellectuel.»

Ce qui n'était que proclamation en 1946, et même encore en 1968, est

devenu une réalité sociologique. C'est elle qui explique l'unité de front

entre syndicalisme salarié et mouvements de jeunes sur tout ce qui touche

au contrat de travail et aux qualifications. McDo, Virgin, Pizza Hut : salariés-étudiants

ou étudiants-salariés ? C'est désormais vécu comme un

même combat.

Les étudiants ont marqué à plusieurs reprises la vie politique de la France.

Au-delà de ces mobilisations ponctuelles, ils se sont organisés en acteur

collectif, en «mouvements», dans de nombreuses sphères qui parfois

s'entremêlent : syndicale, associative, politique, confessionnelle, mutualiste,

culturelle, sportive.

Quant aux moyens d'action adoptés en 1946, ils semblent appliqués à la

lettre : «Pétitions et lettres ouvertes, manifestations d'ensemble, monômes

revendicateurs», rien que du très classique répertoire d'action syndical.

Mais aussi, «grèves d'abstention, grèves d'occupation, monômes

dévastateurs» en cas de «violation très grave de la déclaration des droits

et devoirs de l'étudiant», la «reconnaissance de la gravité de cette violation

par l'ensemble des étudiants et des travailleurs» et la «certitude

d'avoir l'assentiment populaire». Le CPE est bel et bien une atteinte grave

et les sondages, comme les manifestations et les grèves révèlent «l'assentiment

populaire». Ainsi les questions posées en 1946 demeurent

d'actualité.

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