Crimes à l'antique

Sans être obligatoirement des maniaques de la décapitation,
les Romains ne reculaient guère devant les
manifestations spectaculaires de cruauté. Les crimes
faisaient même partie intégrante de l'imaginaire latin,
et les historiens de Rome ne se sont pas fait faute de
raconter dans le détail ceux qu'ils pensaient assez exemplaires
pour édifier leur lecteur, ou lui inspirer une terreur
salutaire.
À s'en tenir, comme le fait ici Jean-Yves Boriaud,
aux écrivains qui, comme Tite-Live, travaillèrent, sous
Auguste, à donner un sens à la première histoire de
Rome, ou encore aux historiens «militants» qui, à la fin
du I<sup>er</sup> siècle et au début du II<sup>e</sup>, à l'instar de Tacite ou
Suétone, ont porté un regard critique sur la première
dynastie impériale, celle des Julio-Claudiens, ou, enfin,
aux moralistes qui, à la même époque, comme Plutarque,
ont mis en regard les grandes figures des mondes grec et
latin dans un empire désormais biculturel, on pourra se
faire une idée de la place que tenait le fantasme criminel
dans la pensée politique du Romain cultivé.