Mitterrand et le Moyen Orient

Entre 1981 et 1995, François Mitterrand a mené au Moyen-Orient une politique
étrangère spécifique et en rupture notamment avec la «politique
arabe» du Général de Gaulle. Le rétablissement des relations amicales avec
Israël et l'alignement sur la diplomatie américaine constituent un net changement
avec la politique d'indépendance menée jusqu'alors.
Ce livre montre que Mitterrand a assez vite dépassé ses perceptions personnelles
pour prendre en compte les données complexes de la situation au
Proche-Orient et cela d'autant plus rapidement qu'en juin 1982, Israël
décide d'une attaque de grande envergure contre les Palestiniens du Liban
et donc aussi contre les Libanais...
Pourtant, et afin de maintenir son rang de puissance mondiale et sa place
sur la scène moyen-orientale, Mitterrand mènera dans la région une diplomatie
que l'on peut qualifier de gaullienne par certains de ses aspects. La
difficulté de maintenir l'équilibre entre des intérêts divergents donne à
cette diplomatie un caractère ambigu et provoque souvent l'hostilité des
acteurs de la région. Le recul de la France et l'hégémonie des États-Unis au
Moyen-Orient orientent la politique étrangère française sur la construction
européenne qui sert alors de véritable levier, d'autant plus que l'espace
méditerranéen reste important pour les relations arabo-européennes.
Cependant, l'absence de consensus et d'un poids politique européen décevra
les attentes du Président. Mais, quel que soit le cadre de son action,
l'originalité de la diplomatie de Mitterrand se fondera sur la défense du
droit : l'exigence pour tous les États de respecter la légitimité et la légalité
internationales. Mitterrand insistera sur la nécessité d'intervenir dans les
conflits et de rechercher la paix par le biais des Nations Unies. De même,
la protection des droits de l'homme et l'action en faveur du droit d'ingérence
humanitaire participeront à la légitimation de l'intervention militaire
française dans la zone.