L'homme qui a connu Belle Starr : et autres nouvelles

On connaît Richard Bausch romancier, mais ce sont d'abord ses nouvelles
qui l'ont imposé comme l'un des grands écrivains américains
actuels, et qui lui ont valu l'admiration, entre autres, de Richard Ford.
Après Espèces menacées , ce recueil offre un nouveau florilège de son art
de miniaturiste, capable de résumer une existence en quelques pages.
On y retrouve l'humaniste attentif aux frémissements et aux contradictions
des êtres, aux intermittences du coeur et aux aléas des liens affectifs,
qu'ils soient amoureux ou, le plus souvent, familiaux. L'auteur
manifeste pour ses personnages une tendresse constante, mais aussi une
extrême lucidité. Et cette compassion clairvoyante s'applique aussi à
l'Amérique, à son histoire tourmentée (du maccarthysme à la ségrégation),
à ses mythologies, celle du Far West, celle de la route.
On y croise des gens ordinaires qu'un hasard, une rencontre, un accident
confronte à eux-mêmes et à leur vérité, et qui font preuve d'une faiblesse
bien humaine ou d'un héroïsme discret. L'enjeu est souvent grave,
mais Bausch excelle à le traiter avec humour, légèreté ou grâce, dans une
infinie variété d'effets et de tons. Et ce que l'on retient de ces chefs-d'oeuvre
brefs, c'est une croyance têtue en l'homme, si imparfait soit-il,
et un irrésistible amour de la vie.
S. C.