Une tragédie sociale en 1908 : les grèves de Draveil-Vigneux et Villeneuve-Saint-Georges

Une tragédie sociale en 1908 : les grèves de Draveil-Vigneux et Villeneuve-Saint-Georges

Une tragédie sociale en 1908 : les grèves de Draveil-Vigneux et Villeneuve-Saint-Georges
2014665 pagesISBN 9782913055476
Format: BrochéLangue : Français

Entre le 2 mai et le 4 août 1908, près de 1 000 ouvriers, terrassiers, carriers,

mariniers mènent dans le Val de Seine une grève dont les échos tragiques

retentissent dans tout le pays. Le 2 juin, deux terrassiers sont tués par un gendarme

dans des circonstances qui entraînent devant les parlementaires l'interpellation du

Président du conseil et ministre de l'Intérieur, Georges Clemenceau. Le 30 juillet, une

manifestation de protestation de près de 6 000 travailleurs est réprimée à Villeneuve-Saint-Georges

par 2 000 soldats et gendarmes, lors d'une journée de «barricades».

Ce conflit du travail dépasse l'affrontement, classique à la «Belle Époque», de deux

classes antagonistes : la Fédération nationale des entrepreneurs du Bâtiment contre

la Fédération des ouvriers du Bâtiment, autour des conditions de travail et du droit

syndical, au temps de la Charte d'Amiens, du syndicalisme révolutionnaire et de la

menace de grève générale portée par la Confédération générale du travail (CGT).

Une documentation exceptionnelle existe sur les événements de Draveil-Vigneux et

Villeneuve-Saint-Georges : rapports administratifs et judiciaires, journaux, affiches,

tracts, cartes postales, caricatures, littérature prolétarienne, lieux de mémoire.

Paradoxalement, les événements de juin/juillet 1908, qui conduisent à l'arrestation

des dirigeants de la CGT et à un climat de «guerre sociale», ont été étouffés, au

risque de disparaître de la mémoire historique et collective.

Deux objectifs ont conduit à l'écriture de ce livre. D'une part, il s'agit de faire

revivre une grève singulière, sur les lieux des manifestations, au plus près des acteurs

qui se sont combattus : militants révolutionnaires, ouvriers de base, entrepreneurs,

forces de la gendarmerie et de l'armée. De l'autre, d'essayer de comprendre comment

la question sociale a pu conduire à ces tragédies, en mettant aux prises des

hommes et des institutions jusqu'à l'irréparable : le Gouvernement de Clemenceau

et Briand, l'appareil d'État, les forces de l'ordre ; les syndicalistes révolutionnaires

de Griffuelhes ; le Parti Socialiste de Jaurès et Lafargue ; les entrepreneurs Morillon

et Piketty ; les terrassiers, Ribault et Julian ; les populations locales.

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