Le partage du sang. Vol. 2. Les enfants de Louis

De nouveau Français depuis 1918, Louis Freyburger
redevient Allemand en 1940. La victoire lui rend sa
nationalité première et c'est en Français qu'il entrera
dans le royaume des ombres. Où il retrouvera le père, les
fils et les petits-fils que les trois guerres lui ont arrachés.
Mais n'en déplaise aux autres compatriotes de Rabelais,
la sagesse qu'elle vendange aux treilles de ses vignes a
fait de cette famille alsacienne la plus gaie de l'Hexagone,
pour ne pas dire de la planète.
Les batailles déciment la famille Freyburger,
la tendresse la reconstitue.
Le feu de Dieu se répandit dans les corps et les âmes. Les
hommes défaisaient les boutons qui opprimaient leur
ventre, les femmes titillaient leurs vêtements pour se
donner de l'air, les rires tintaient dans le courant des
voix, la joie montait de minute en minute, et vous allez
penser qu'on avait complètement oublié le Polaque,
mais pas du tout, son âme planait au-dessus de la tablée
et la chaleur du repas, la force des vins, la puissance des
alcools et le jaillissement des rires la hissaient doucement
vers le paradis.
Deux qu'on n'avait pas besoin de pousser vers l'azur,
c'étaient Elsa et Louis.