Eros dans la céramique à figures rouges italiote : essai d'interprétation iconographique et iconologique

Pourquoi une nouvelle étude sur Éros ? D'une abstraction l'art grec fit
un être à regarder. Le personnage et son image ont intéressé le monde
occidental et en tout premier lieu, dès l'Antiquité, les populations
italiques. S'il a conservé son nom et ses prérogatives, en revanche, au cours
des siècles, il a perdu sa dignité d'origine et une partie de ses champs d'intervention,
pour ne conserver qu'un seul, celui lié à Aphrodite, la sexualité.
Il n'était pas que cela au départ. C'est ce que la céramique à figures rouges
italiote a illustré : la richesse d'une personnalité qui concernait tout le devenir
humain jusqu'à la mort. Les Italiques en font une divinité omniprésente,
souvent autonome, aux interventions sans freins, dans des domaines où
Aphrodite n'a aucune part. Cette perception est différente de celle que
proposent les images attiques. Les scènes sans références littéraires, où
les protagonistes sont des gens ordinaires, constituent le corpus à la base
de cette recherche, avec la prise en considération des particularités régionales.
Il est proposé une approche nouvelle dans ses options exégétiques et
dans sa démarche analytique. L'étude cherche à faire ressortir ce que l'iconographie
recèle, pour mener à l'iconologie, en concentrant l'intérêt sur ces
productions à l'exclusion d'autres.