L'Antiquité dévoilée par ses usages ou Examen critique des principales opinions, cérémonies & institutions religieuses & politiques des différents peuples de la Terre

A travers un travail d'érudition considérable, D'Holbach dresse le
tableau de toutes les religions et croyances de tous les peuples. Cet
"examen critique", comme il s'intitule lui-même, met en évidence les
conséquences mentales, sociales, politiques et religieuses du Déluge, la
crainte de la mort et de son au-delà comme moteur de l'apparition des
religions, et la superstition, l'intolérance et le despotisme politique et
religieux comme facteurs de leur perpétuation.
Les effets des bouleversements de la Nature, des révolutions
climatiques que décrit D'Holbach demeurent d'une brûlante actualité
et risquent de le rester longtemps.
«Toutes les erreurs humaines, par une longue chaîne, remontent à
cet âge primitif qui jusqu'ici était demeuré couvert de la nuit du temps.
On ne saurait trop étudier cet âge puisque c'est lui qui renferme les
principes et les causes de toutes les institutions et de toutes les opinions
dont nous retrouvons des traces plus ou moins fortes, même dans les
temps actuels. Nous y verrons la source féconde de presque toutes les
idées politiques et religieuses, nous y trouverons l'origine de la
grandeur des rois et de l'abaissement des peuples, nous y démêlerons
la cause du pouvoir immense que le sacerdoce s'est acquis dans toutes
les sociétés que cet ordre, toujours rival des dieux, a souvent ébranlées.
Nous y verrons le principe de ces terreurs qui en différents siècles
ont alarmé les esprits des hommes, toujours préoccupés des idées de la
destruction du monde. C'est de là que nous verrons sortir ce fanatisme
destructeur, cet enthousiasme qui porte souvent les hommes aux plus
grands excès contre eux-mêmes et contre leurs semblables, cet esprit de
persécution et d'intolérance qui sous le nom de zèle fait que l'homme
se croit en droit de tourmenter tous ceux qui n'adorent point avec lui
le même monarque céleste, ou qui n'ont point de son essence et de son
culte les mêmes idées que lui.»