Partage de l'île

Il y aura pourtant des heures très douces où la lumière
viendra jouer sur les prés de septembre et sur la langue
blanche de l'écume. Des heures paisibles. Des heures
accordées si profondément au rythme de ta vie que
toute distance serait effacée. Gommée. Abolie. Et toute
différence.
Souviens-toi de l'odeur des herbages. De l'harmonie des
corps et de la terre. De cette complicité soudaine du ciel et
des nuages. Souviens-toi de ce pays calme qui courait dans
tes veines, ce pays où rester.
Il y aura, le soir, la maison grise et, sur la crête, le long
chemin à travers les genêts. Paysages d'un autre monde
où il n'y a plus de durée. Seulement le moutonnement de
la lande au-dessus des rochers dressant leurs silhouettes
imprécises, là-bas, au ras des bancs de brume qui montent
de la mer.
extrait de Partage de l'île