Cahiers d'ethnomusicologie, n° 21. Performance(s)

Dans le monde anglophone, les performance studies sont
depuis longtemps un domaine à part entière de l'anthropologie
de la musique et des arts scéniques (en anglais : performing
arts ). C'est grâce aux travaux de Richard Schechner, de Victor
Turner ou, pour ce qui est de la musique, de Bruno Nettl que
la discipline a acquis ses lettres de noblesse. Or le concept a
tardé à s'imposer parmi les chercheurs francophones, probablement
en raison de l'ambiguïté que comporte en français le
terme même de «performance».
En effet, celui-ci définit l'exploit d'un athlète ou la prouesse
d'une machine aussi bien que l'acte de «mettre en jeu», d'interpréter
une pièce d'un corpus ou une oeuvre d'un répertoire,
qu'il s'agisse de poésie, de musique, de danse ou de théâtre.
La diversité des approches, des situations et des champs musicaux
abordés dans cet ouvrage montre bien que cette mise en
jeu - qui implique aussi souvent une mise en scène - prend
des formes très variées, déterminées en fonction du contexte
culturel et événementiel dans lequel elle se produit, de l'assistance
à laquelle elle est destinée et, évidemment, de la finalité
de la performance.