Flic de supermarché : l'espion qui venait du rayon frais

Chargé par une société de surveillance d'assurer la sécurité
d'un hypermarché, Régis Sérange ne tarde pas à découvrir que l'on
attend de lui autre chose que les traditionnelles interpellations de
suspects. En effet les caméras mises à sa disposition (certaines ont été
installées dans la plus parfaite illégalité) ne servent pas seulement à
observer les clients mais aussi les salariés de l'entreprise : caissières,
hôtesses d'accueil, chefs de rayon, délégués du personnel sont systématiquement
filmés, épiés dans leurs moindres mouvements. Espérant
décrocher l'emploi qui le sortira de la précarité, Régis accepte
cependant de se prêter au «jeu».
Au fil de ses «missions», il gagne la confiance de ses chefs. Il
est rapidement appelé à mettre en place diverses formes de harcèlement
moral et à «faire le ménage» dans plusieurs magasins du groupe.
Après trois ans d'«enquêtes» et de filatures, au moment où il en vient
à s'interroger sur la finalité de son travail, le piège se referme : il en sait
trop et devient une menace pour le système qu'il a contribué à mettre
en place. Lâché par sa hiérachie, il se retrouve au chômage sans aucune
possibilité de retrouver un emploi dans le même secteur. Il décide de
parler.
Son témoignage est sans concession, aussi bien pour lui-même
que pour le système dont il est un des nombreux rouages. Aujourd'hui,
à 36 ans, il souhaite se consacrer pleinement à ses enfants et à sa
passion, la photographie.