L'enfant imaginé. Entre soufrerrance et résilience

Le jour de la rentrée des classes, Arthur, instituteur et père du petit
Rodrigue, le laisse à la porte de son école maternelle et disparaît
sans crier gare. L'enfant vit le départ précipité de son père comme
un abandon qui le plonge dans une très grande détresse. Il est confié
à son arrière-grand-mère paternelle, Man Philomène, qui lui dit tout
le mal qu'elle pense de ce père qui a fui pour des raisons troubles et
troublantes.
Man Philomène, qui devient mère adoptive de Rodrigue, est une
Antillaise d'un âge avancé, qui ne parle que le créole et exige pourtant
de son arrière-petit-fils qu'il ne parle que le français, forgeant ainsi, sans
le savoir, le destin de son «ti yich», en l'aidant à construire sa résilience
et à avancer sur le chemin de l'excellence. Elle veut qu'il devienne un
«monsieur-nègre», comme Aimé Césaire qu'elle admire.