La peinture française et l'art nègre (1905-1914) : contribution à l'étude des sources du fauvisme et du cubisme

La peinture française et l'art nègre (1905-1914) : contribution à l'étude des sources du fauvisme et du cubisme

La peinture française et l'art nègre (1905-1914) : contribution à l'étude des sources du fauvisme et du cubisme
Éditeur: Klincksieck
2006560 pagesISBN 9782252035689
Format: BrochéLangue : Français

L'ouvrage de Jean Laude, magistralement documenté et riche de

références aux «arts premiers», analyse les rapports complexes

entre la peinture française et l'art africain au début du siècle dernier.

Au terme de son étude, l'auteur évoque la fameuse déclaration de

Picasso : «L'art nègre ? Connais pas». Il précise : «Il n'y a pas d'art

nègre, mais une manifestation du génie humain qui, à la suite des

circonstances, s'est exprimée et développée en Afrique». Jean Laude

règle ainsi son sort au mythe du masque fang qui, selon Vlaminck,

aurait, à la fois, engendré le cubisme et favorisé la naissance du

fauvisme. Il ne nie certes pas l'influence que l'Afrique exerça sur les

peintres entre 1905 et 1914 - années décisives -, mais il insiste surtout

sur l'idée que la fascination et la passion pour l'«art nègre» furent

d'autant plus vives qu'elles répondaient à la curiosité esthétique de

quelques peintres capables, à l'époque, de saisir et d'intégrer dans

leurs propres recherches picturales les caractéristiques formelles

des statuettes et des masques africains.

Près de quarante ans après sa première édition, le livre de Jean

Laude témoigne d'une perspicacité particulière au regard des

questions cruciales que posent aujourd'hui encore, et sans doute

plus que jamais, les relations entre l'art contemporain occidental

et les sociétés post-coloniales : «La vie moderne, la nécessité des

échanges et des communications exigent que tout un secteur de

l'activité humaine soit normalisé, standardisé. [...] Provisoirement,

le temps d'une adaptation que l'on imagine fort courte, ne sont

conservés que les aspects, de plus en plus extérieurs, folklorisants,

de ce qui faisait la spécificité des cultures : de leurs modes, de vie,

de leurs coutumes, de leurs arts, voire même de leur pensée».

Cette réflexion prémonitoire de Jean Laude confère à l'ouvrage

sa véritable dimension humaniste et universaliste, loin de tout

ethnocentrisme et dans le souci permanent de percevoir et de

reconnaître pleinement l'autre dans et avec sa différence.

Marc Jimenez

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