Bourges à la Renaissance, hommes de lettres, hommes de lois

Pendant une soixantaine d'années, Bourges est le cadre d'un phénomène spectaculaire : de l'arrivée d'Alciat, en 1529, à la mort de Cujas, en 1590, l'enseignement qui y est donné par les plus grands humanistes du temps fait affluer de partout en Europe des auteurs remarquables et des étudiants destinés à devenir célèbres (parmi lesquels Calvin, Le Caron ou Du Fail), consacrant la ville et son université comme un des plus importants foyers de culture du XVI<sup>e</sup> siècle. Rabelais ne s'y trompe d'ailleurs pas et y fait étudier Pantagruel « bien long temps » en la faculté des lois.
L'émergence et le déploiement d'une nouvelle pratique du droit (initiée par le commentaire d'Alciat du De verborum significatione consacré à l'étude du droit, non tel qu'il prescrit, mais tel qu'il se dit) influencent plus largement les études littéraires et la littérature elle-même puisque, pour le droit comme pour les lettres, ce sont les questions du commentaire, de l'interprétation et de l'explication des textes qui sont au coeur de cette innovation pédagogique.