La Constitution béninoise du 11 décembre 1990 : un modèle pour l'Afrique ? : mélanges en l'honneur de Maurice Ahanhanzo-Glélé

En 2014, la constitution du Bénin a vingt-quatre ans. Mais lorsqu'en 2012, les
universitaires francophones décident de percer le mystère de « la constitution Glèlè »
et d'auditer les facteurs de sa réussite mais aussi les fondements et les manifestations
de son attractivité sur le continent noir, il était peu probable d'y parvenir sans rendre
hommage à l'un des architectes de cette oeuvre originale : le Professeur Maurice
Ahanhanzo-Glèlè.
Maurice Ahanhanzo-Glèlè
est né le 15 mars 1934 dans l'ex-Dahomey. Prince du
célèbre royaume d'Abomey, mais serviteur loyal de la République, il a mené en Afrique et
en France une carrière administrative, universitaire et juridictionnelle riche et féconde.
Dans ses multiples fonctions, il a été au service de l'État, des universités francophones,
des organisations internationales et de la personne humaine. Docteur d'État en droit
public de l'Université Paris I, Panthéon-Sorbonne en 1967 et agrégé des facultés de
droit en droit public et science politique en 1974, Maurice Ahanhanzo-Glélé laisse
aux constitutionnalistes une pièce maîtresse du nouveau constitutionnalisme africain :
la Constitution béninoise du 11 décembre 1990.
Au-delà d'être « la constitution de tous les records en Afrique », « la constitution
Glèlè » qui a arrimé, avec un succès étonnant, le Bénin - un pays offert au marxisme-léninisme
- au train de la démoratie libérale, fascine par son intangibilité et l'attactivité
du modèle politique qu'elle porte. Mais plus que ses records de longévité, de stabilité et
d'immuabilité, c'est l'originalité des idées constitutionnelles de Maurice Ahanhanzo-Glélé
que ses amis, collègues, disciples et admirateurs ont voulu mettre en lumière à travers
ces mélanges.
La constitution béninoise de 1990 peut-elle être tenue pour un modèle ou un
contre-modèle sur un continent en mal de stabilité et d'authenticité démocratiques ?
C'est à cette question que tente de répondre ce recueil. Il renvoie à Maurice
Ahanhanzo-Glélé le jugement des universitaires francophones sur ce qui peut être
présenté comme sa contribution à l'inculturation du constitutionnalisme en Afrique
et à l'andogénisation des principes démocratiques.