Le voyage de Jean Jacques en Corse : jours heureux à Vescovato

Signor Buttafocco puis Pascal Paoli, invitent Rousseau, avec
insistance à venir vivre en Corse, pour y trouver la paix et profiter
de son séjour pour écrire l'histoire de la Corse. Après maintes
hésitations (craintes de voyager en bateau, peur d'être enlevé par
les barbaresques nombreux en Méditerranée, climat d'insécurité
qui régnait sur l'île où les étrangers, paraît-il, n'étaient pas les
bienvenus), Rousseau s'embarque à Livourne sur le Padre
Pergolèse à destination de Bastia. Là, il est accueilli par Pascal
Paoli, Général de la nation et Mattéo Buttafocco, capitaine au
royal italien qui lui a réservé un étage dans sa maison de
Vescovato. Durant cette période, il écrit presque chaque jour une
sorte de journal et quelques lettres qu'il adresse à Thérèse, sa
compagne restée à Paris. Il y décrit l'accueil chaleureux que lui
ont réservé les villageois, comment il a vécu parmi les paysans,
parmi les gens du peuple, écoutant leurs plaintes, leurs désespoirs,
leurs conditions de vies misérables, partageant leurs malheurs,
leurs joies, rapportant même des faits marquants de l'histoire
de l'île qui l'ont particulièrement intéressé. Quand il quitte
Vescovato, les villageois sont consternés. Pascal et Mattéo lui
recommandent de prendre soin de sa personne, l'assurant qu'il
serait toujours le bienvenu en Corse. Jean-Jacques, leur promet
qu'un jour il reviendrait dans l'île, cette fois peut-être pour vivre
avec Thérèse.
C'est du moins ce qui aurait pu se passer car, comme on le sait,
Rousseau ne se rendit jamais en Corse. Quand on se rappelle son
"Projet de Constitution pour la Corse" n'est-il pas permis de le
regretter ?