L'art face à sa destruction : réflexions sur la peinture

De tous les grands peintres français
du XX<sup>e</sup> siècle, Maurice Mazo
(1901-1989) est celui qui aura maintenu
avec le plus de compétence
et de détermination le lien avec les maîtres
du passé, classiques, baroques ou
romantiques. Mais son oeuvre, dépourvue
au demeurant de tout esprit rétrograde
et ouverte aux innovations techniques,
n'est pas seulement le fruit d'un instinct
admirable et d'un métier hors pair.
Elle est en effet portée par une réflexion
toujours plus approfondie sur les buts
et les moyens de l'art, ainsi que sur son
évolution et sur les ruptures dont
il a été le théâtre à l'ère de la modernité.
Dans la lignée des théoriciens
du XVII<sup>e</sup> siècle ou des écrits de Delacroix
et de Fromentin, Maurice Mazo a restauré
la pensée artistique , née en Italie au XVI<sup>e</sup> siècle
avec Alberti, Léonard de Vinci ou Zuccaro.
C'est cette pensée que l'on voit renaître
et se développer dans les entretiens
qu'il a accordés à Jean-Claude Yvetot,
non de manière abstraite, mais toujours
appuyée sur des exemples précis
et sur l'expérience même de l'artiste.
Complétés par l'ensemble des écrits
de Maurice Mazo (articles, correspondances,
etc.), ces entretiens constituent à la fois
une magistrale esthétique de l'art occidental
et le témoignage d'un combat pour
sa pérennité en un siècle marqué par
le nihilisme, le doute et le désenchantement.
Ils sont aussi, bien sûr, la meilleure
introduction à son oeuvre hautaine,
somptueuse et singulièrement vivante.