Légendes bouddhiques de Thaïlande : le lièvre dans la Lune

Les récits baignent dans une atmosphère bouddhique qui ne s'exprime pas seulement dans la conclusion morale et dans certains sujets empruntés à la vie de Bouddha ou à ses vies antérieures, les Jâtaka, mais dans les mille petits détails de la vie quotidienne des Thaïlandais.
Wanee Pooput a su choisir des récits peu connus comme le Jâtaka du damné à la roue, déjà illustré dans l'art indien du Gandhara, ou comme la conversion, par le Bouddha, du moine dévoyé qui s'était fait un collier avec les doigts coupés à ses victimes, un épisode peint à Wat Buddhisaiwan, à Bangkok.
Tous ces récits sont évoqués dans leur version thaïe ; ainsi la légende de Rahu, le personnage démoniaque des éclipses, est moins inspiré du mythe indien que des sculptures moyenâgeuses de l'Asie du Sud-Est.
Héros de merveilleux petits romans, les personnages évoluant dans une atmosphère de poésie, nous introduisent dans un monde de légèreté, dans de belles histoires d'amour ; pourtant, à la fin du récit, le merveilleux fait souvent place à un dénouement grave, parfois poignant.
L'atmosphère de l'Asie du Sud-Est, tout de raffinement, de bienséance, de poésie, laisse transparaître le sens bouddhique de l'impermanence.