O humanité !

Ne croyez pas qu'on perde sa vie comme une clé.
Donnez-vous la peine de passer par la serrure.
L'amitié entre Barnem et la petite Liza se brise contre les heurts de la
guerre. Marceline se blesse mortellement en tournant la page d'un livre.
Un cri dans la montagne éloigne définitivement Alba de Logan. Ces
trois récits, bornes fondamentales dans l'oeuvre de Vera Feyder, parlent
de la foi perdue en l'humanité. Innocence condamnée. Êtres fracassés
à l'intérieur. Amour rattrapé par un passé qui en obscurcit le cours.
Nulle destinée qui ne soit hantée par les relents de l'Histoire. Pourtant,
contre ce fatum écrasant l'homme, une écriture libre et magistrale
s'élève vaillamment comme un salut. Une grâce récoltée dans l'ignoble.
Ces trois récits se lisent comme des chants désespérés transcendant
le malheur. Les mots ou la mémoire des naufragés. Ô personnages !
Ô humanité !