Carnet d'un hiver. Asylum

Te revoilà donc à l'H.P. Volontairement ou presque. Une partie de toi était littéralement fascinée par les médicaments, posés bien en évidence sur ce lit où rituellement tu t'étais couchée, comme tous les après-midi, mais sans dormir, hélas ! Non, tu avais commencé à ruminer, sentir en toi grandir l'envie d'auto-mutilation. Car c'était cela : tu ne souhaitais pas mourir, mais te faire mal, comme pour te punir.
On te fixe un rendez-vous : cinq-six heures. Mais tu n'attendras pas. Simplement, tu sais qu'on viendra. Cette fois-ci tu restes très lucide, par rapport à l'autre fois, jusqu'à ce que tu te mettes à te débattre comme un beau diable, sans savoir pourquoi. Tu as douloureusement constaté que pour faire les lavages d'estomac, on faisait passer un tuyau par le nez, tuyau que tu as arraché, bien sûr.