La mythologie de l'Ouest dans l'art américain, 1830-1940 : expositions, Rouen, Musée des beaux-arts, 28 sept. 2007-7 janv. 2008 ; Rennes, Musée des beaux-arts, 16 févr.-13 mai 2008 ; Marseille, Centre de la Vieille Charité, 6 juin-31 août 2008

Le grand Ouest, sa découverte et sa conquête, sa résistance farouche et ses paysages
de rêve : une histoire grandiose et brutale, transformée en légende bien avant que le
territoire ne soit entièrement exploré. Dès le début du XIX<sup>e</sup> siècle, les artistes y ont
consacré des oeuvres extraordinaires presque parfaitement inconnues en Europe. Aux
États-Unis même, cette production placée en marge de l'histoire de l'art
traditionnelle est peu représentée dans les grands musées classiques. Pourtant, des
paysages stupéfiants d'Albert Bierstadt ou de Thomas Moran aux portraits d'Indiens
romantiques, de l'épopée guerrière à la scène de genre irrésistible où le cow-boy
chemine en plein malaise existentiel, le XIX<sup>e</sup> siècle a fourni de merveilleux chefs-d'oeuvre.
À la poésie des panoramas mélancoliques d'un William Jacob Hays, peuplés
de bisons promis à la disparition, répondent les épisodes des guerres indiennes traités
par John Mix Stanley ou Alfred jacob Miller avec un sentiment de grandeur et une
fascination égale pour les deux civilisations affrontées. L'imagerie héroïque et
pittoresque, pleine de saveur réaliste, trouve ses maîtres avec Frederic Remington et
Charles Russell, qui marquent l'apogée d'un genre et ouvrent la voie à une génération
de brillants illustrateurs. William R. Leigh et N.C. Wyeth créent alors, au début du
XX<sup>e</sup> siècle, des images puissantes qui montrent que l'Ouest, l'un des fondements
majeurs de la civilisation américaine, reste vivant dans l'imaginaire moderne.