Pouvoir et réseaux sociaux au Mozambique : appartenances, interactivité du social et du politique (1933-1994)

Deux faits sont au fondement du système politique mozambicain : la guerre
anti-coloniale débouchant sur l'indépendance (1964-1975) et la mise en place
du régime à parti unique ; une guerre aux contours imprécis (1977-1992), qui
a rendu inéluctable la déconcentration politique vers une démocratie
représentative.
Ne s'inscrivant ni dans l'analyse systémique classique ni dans le courant
culturaliste, l'auteur considère le pouvoir comme un construit socialement
organisé, coalitif et collusif. Sa recherche éclaire deux questions liées aux
modes de domination : qu'est-ce qui explique que certains individus et
groupes sociaux parviennent à se placer au centre du pouvoir et, par là, au
centre des relations sociales ? Comment et pourquoi les acteurs politiques
sont-ils contraints de tourner les repères d'action vers l'accomplissement des
stratégies politiques à effets (re)structurants, dans une société globale ?
Dans le sillage des travaux interactionnistes, le champ de l'étude est le
Mozambique, société dont la temporalité historique se place entre tradition et
modernité. Les logiques des pouvoirs concurrentiels apparaissent comme des
causes explicatives de l'entreprise et de la dynamique de l'ordre politique post-colonial.
En interrogeant une société issue de l'assemblage par l'ex-puissance coloniale
d'espaces et de groupements sociaux, cette étude considère la signification des
comportements d'un ensemble d'acteurs participant à la (re)construction du
système politique au Mozambique.