Actes du colloque de Rennes-le-Château 2003

Comme d'autres célébrités, Bérenger Saunière, curé de
Rennes le Château, aura eu deux existences : la terrestre et
la posthume. La terrestre est à peu près connue : elle est
faite de dépenses destinées d'abord à restaurer l'église du
village, puis à acquérir et aménager un domaine privé,
enfin d'un procès ecclésiastique intenté par l'évêque de
Carcassonne, et se termine avec le décès du prêtre en janvier
1917. La posthume commence il y a une cinquantaine
d'années et n'est construite que d'hypothèses : celles de
plus en plus audacieuses émises par des chercheurs qui ne
se satisfaisaient pas du prétexte invoqué par l'évêque. Un
trafic de messes allons donc ! Cela ne saurait suffire !
La vie terrestre de Saunière s'est déroulée à l'époque où la
République naissante devait à la fois réunir ses forces pour
affronter des mouvements royalistes toujours solides et se
préparer à séparer de l'État une Église qui, malgré 1789,
n'en voyait pas forcément la nécessité. Le curé du village
faisait alors souvent figure de second pôle de référence ou
de contrepoids face à l'autorité municipale.
La vie posthume continue sous nos yeux et, telles qu'elles
sont énoncées, les hypothèses qui se succèdent impliquent
souvent une remise en cause radicale de l'histoire de
France ou de celle de la chrétienté.
L'Association pour la Rénovation de la Tombe de
Bérenger Saunière (ARTBS) cherche à contribuer à la préservation
et à la promotion du patrimoine matériel et spirituel
laissé par l'Abbé Saunière. Dans ce but, elle organise,
entre autres, un colloque annuel destiné à étudier aussi
bien le contexte de la vie terrestre du prêtre que celui de
son existence posthume. Yves Lignon, président de l'ARTBS