Les rétifs

Pour Émilienne, neuf ans, tout commence le mercredi 24 mai
1967, lorsque sa maîtresse d'école, après une inspection
totalement inopinée, annonce à ses 32 petites élèves qu'elle
va devoir partir.
Partir ? Partir où ? Partir pourquoi ?
C'est ce qu'Émilienne veut que son père, disparu depuis trois
jours, lui explique.
Elle veut aussi comprendre pourquoi vendredi 26 mai, place
de la Victoire, sous ses yeux, à quelques pas de son école,
des coups de feu ont été tirés par des forces de l'ordre sur des
hommes.
Tandis qu'elle attend le retour de son père, assise sur un petit
banc dans sa cour, un étrange quadrille se déroule autour
d'elle, au cours duquel des danseurs et musiciens, sous la
houlette d'un choeur de commandeurs, viennent à tour de rôle,
délivrer à Émilienne des informations sur son histoire familiale
et sur l'histoire du pays. Cinq voix qui se mêlent à celle de la
petite fille pour nous conduire à la journée sanglante du 26 mai
1967.