Les saints de l'Atlas

Le livre dont voici, trente ans après sa parution
originale, la première traduction française, est un
livre célèbre et pas uniquement pour ceux qui
s'intéressent au Maghreb. Cette monographie que Gellner
a consacrée aux igurramen Ihansalen du Haut Atlas
marocain, et au rôle imparti à ces pieux personnages
parmi les tribus d'agro-pasteurs de ces montagnes, a
depuis longtemps pris rang parmi les classiques de
l'anthropologie. Pour les études maghrébines, il s'agit de
l'ouvrage le plus marquant qui ait été publié au cours des
dernières décennies, depuis les grands livres de Berque.
Une telle affirmation n'implique aucun parti pris quant
aux mérites propres de l'oeuvre mais relève du simple
constat d'un fait : Saints of the Atlas a eu un écho d'une
ampleur sans précédent au Maghreb et qui a d'ailleurs
dépassé les frontières de son propre domaine
disciplinaire - l'ethnologie - et géographique - le Maroc
et le Maghreb. C'est dire s'il a été commenté, repris, et
bien entendu, critiqué. Certaines idées fortement
énoncées concernant la nature de la société marocaine et
son histoire ont même sur le moment quasiment fait
scandale et suscité des prises de positions passionnées.
C'est qu'elles touchaient à des questions théoriques
importantes pour le chercheur spécialiste du Maghreb,
mais particulièrement sensibles aussi, dans le contexte
historique de l'époque, pour le citoyen du pays. Ces
polémiques ont fait leur temps mais le débat scientifique
demeure ouvert.