Guerre à la guerre : parcours engagé dans l'Europe du XXe siècle

César Covo, issu d'une famille séfarade, est né à Sofia en Bulgarie
en 1912. À l'époque de l'empire de Napoléon, un ancêtre ayant
obtenu de Bonaparte la nationalité française l'a transmise à ses
descendants. Ainsi, est-il né français par filiation. La famille est rapatriée
en France en 1930, par les soins du consulat français de Sofia. À Paris,
il adhère au parti communiste et est très utile à la MOI, où il rend service
au groupe communiste de l'émigration bulgare. Il participe aux grandes
grèves de 1936. Fin octobre 1936, dès que le parti l'autorise, il constitue
un groupe de volontaires pour l'Espagne. À Albacete, il s'associe à la
création de la première Brigade internationale baptisée la 11<sup>e</sup>. Le 13 mars
1937, il tombe blessé sur le front de Guadalajara.
En France, 1939-1940, c'est la «drôle de guerre». César Covo est mobilisé
au 20<sup>e</sup> DGC à Rambouillet. Après la débâcle, il est démobilisé et
reprend la vie de militant dans la clandestinité. Il est chargé de la confection
de faux papiers d'identité pour les clandestins étrangers, et de dépister
des «objectifs» à dynamiter. En 1944, il participe aux combats des
barricades pour la libération de Paris.
Après la Libération, la section bulgare de la MOI l'inclut dans un groupe
de militants, destiné à épauler le parti en Bulgarie. Voyage clandestin de
vingt-trois jours, en partie à pied, à travers la France, l'Italie, la Yougoslavie.
Il séjourne environ un an en Bulgarie et revient en France.
À Paris, avec le groupe bulgare de la MOI, il participe à la création de
l'agence de presse Bureau Bulgare d'Informations, ainsi qu'à la rédaction
et à la publication de l'hebdomadaire Paris-Sofia. Ensuite, il est
nommé fonctionnaire à l'ambassade bulgare à Paris.
En 1952, il rompt avec l'ambassade et le parti, se marie, s'établit artisan
imprimeur et s'occupe de ses trois enfants.
César Covo compte parmi ceux qui ont dénoncé très tôt les méfaits du
stalinisme, avant la mort de Staline.