La construction du social : souffrance, travail et catégorisation des usagers dans l'action publique

La construction du social : souffrance, travail et catégorisation des usagers dans l'action publique

La construction du social : souffrance, travail et catégorisation des usagers dans l'action publique
2012214 pagesISBN 9782753518285
Format: BrochéLangue : Français

La notion de «construction sociale» est à la mode dans les différentes

sciences sociales et l'on rencontre fréquemment des travaux de recherche

retraçant ou proclamant «la construction», «l'invention», la «naissance», la

«production» ou encore la «fabrication» de tel ou tel phénomène. Mais, dans

la plupart des textes où elle est employée, la notion de «construction sociale»

n'est ni développée ni explicitée en elle-même, comme si elle allait de soi, alors

même qu'elle semble comprise différemment d'un auteur à l'autre. Pour Ian

Hacking, dire que le phénomène ou l'institution X est socialement construit

signifie que X n'est pas naturel, inévitable et qu'il aurait pu être autre ou ne

pas exister dans une autre configuration sociale ou historique, mais que X est

généralement tenu pour naturel, acquis, stable ou défini une fois pour toute. Le

constructivisme s'inspire de la métaphore de la construction pour l'appliquer de

façon heuristique à des phénomènes qui ne sont habituellement pas pensés ainsi.

Après avoir critiqué l'assimilation du constructivisme au relativisme

ou au subjectivisme, cet ouvrage propose tout d'abord une typologie des

approches constructivistes. Celle-ci est ensuite appliquée à l'étude des risques

psychosociaux au travail : définition de la situation et de la pénibilité du travail,

carrière et étiquetage dans l'organisation des personnes «stressées» ou en

«souffrance», institutionnalisation des catégories cliniques comme le stress,

le burn out ou le syndrome de fatigue chronique. La construction du mal-être

au travail dans les métiers en contact avec un public (infirmières, policiers

travailleurs sociaux, machinistes receveurs, etc.) est mise en connexion avec le

travail de catégorisation des usagers ou des clients par les street level bureaucrats.

Pour donner du sens à leur activité et gérer les difficultés du travail, les agents de

première ligne sont amenés à étiqueter et trier les personnes dont ils s'occupent.

Les exemples du travail soignant, des patrouilles de police secours et de la prise

en charge de la jeunesse à risque ou des personnes âgées fragiles permettent

de montrer comment la mise en forme et la perception stéréotypée des usagers

(malades, délinquants, jeunes, personnes âgées) modifie «par le bas» les

principes et les effets des politiques publiques mises en oeuvre.

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