Histoire sociale Haute-Loire, n° 3

Est-ce l'histoire qui éclaire notre compréhension du présent, ou, à
l'inverse, est-ce la prégnance du climat actuel qui influence notre lecture
du passé ? Un peu les deux probablement. Mais les correspondances passé-présent
nous confortent dans notre démarche visant à donner aux «gens»
de Haute-Loire une appréhension de leur histoire.
L'étude de Raymond Vacheron sur les riches heures de l'industrie du cuir
en Haute-Loire dans les Trente Glorieuses, rappelle que la ville du Puy-en-Velay
était il n'y a pas si longtemps, une ville industrielle.
Les témoignages recueillis par Raymonde Prat dans Paroles de femmes ,
de deux infirmières, montrent la réalité d'un métier d'engagement.
Les textes de Didier Bourdelin, relatant le triste sort de la jeune
Engélique Martinol, séduite et abandonnée et celui de Georges Chanon, sur
la prostitution en Haute-Loire au XIX<sup>e</sup> siècle , rappellent que la misère est
toujours le terreau sur lequel prospère le malheur.
Secourir les indigents par le travail, au XIX<sup>e</sup> siècle ? est le fil conducteur
de l'étude de René Dupuy.
Mokhtar Kachour, ancien inspecteur d'académie de la Haute-Loire
aborde le thème de l'assimilation impossible à l'intégration difficile.
Dans Les gens d'ici , René Mansard, s'interroge sur l'identité vellave.
Alors faut-il désespérer de tout ?
Odile Maurel dans son étude : Montredon, un asile sous l'Occupation ,
montre que dans les situations d'extrême difficulté, il y a des hommes - ici
ce sont des femmes - qui prennent le risque de résister et de mettre en oeuvre,
leur devoir d'humanité. Des précurseurs des Indignés d'aujourd'hui qui
entendent résister contre les dérives du système ?